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A Travers Chants : La Filha a Marider

« La Filha a Marider » est une chanson traditionnelle originaire de la vallée d’Ossau enregistrée par Rosina de Pèira et sa fille Martina dans l’album « Cançons de femnas » qui reçut en 1979 le Grand Prix de l’Académie Charles Cros. Plus récemment, cette chanson a été reprise par le trio flamand Laïs.

Nous inaugurons avec cet article, une série thématique dont le but est de livrer aux jeunes enfants le patrimoine musical des régions du monde. Dans cette partition écrite pour la guitare, nous nous sommes efforcés de retrouver la rythmique entraînante des versions enregistrées.

Cette adaptation est déposée sous licence Creative Commons.

Apports pédagogiques

  • Découverte des instruments et des sonorités
  • Approche des particularismes régionaux
  • Approche des langues et dialectes
  • Rythme et danse

 

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Éléments de compréhension

La « Filha a Marider » est un branle du béarn, danse collective en ronde ouverte au très beau style et …passablement difficile à danser! Les principales danses béarnaises sont les « branles » et les « sauts ». Ces dernières, anciennes danses solaires, ont une forme et un développement caractéristiques, très proches des « sauts » basques. Les formes des branles varient d’une vallée à l’autre et peuvent avoir des styles très différents, propre à chaque vallée ou ville (Ossau, Bielle, etc…).

Dans la chanson, le mot « galante » signifie courtisée. Fleurir les bonnets de jeunes gens revient à les choisir et leur signifier leur chance. Mais telle est prise qui croyait prendre.

L’allusion à l’eau qui se trouble est fréquente dans la tradition populaire occitane. Elle fait référence à la perte de la virginité. L’eau claire ne l’est plus… Mais l’excuse reste valable au premier degré : si l’eau est trouble, la jeune fille doit attendre qu’elle redevienne claire avant de pouvoir la tirer; ce qui justifie une trop longue absence!

 

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Paroles de La Chanson

Texte original en Occitan

La filha a maridèr

Quan jo èri filha a maridèr
Mon Diu be èri galanta, ailàs !
Mon Diu be èri galanta.

Hasi boquets taus amadors
De giroflèjas blancas, ailàs !
De giroflèjas blancas.

Que’us i estacavi aus bonets
Au bèth mièi de la dança.

Sa mair que n’èra au finestron
Que n’espiava la dança.

Ça viètz ací la Margoton
Que cau anar tà l’aiga.

L’aigueta non es pas tròp luènh
Bethlhèu serà tornada.

Tan coma èra en vath a la hont
Son amic lai demora.

El que l’a presa en l’embraçant
Sus l’èrba l’a pausada.

Adiu, ailàs ! Mon doç amic !
Que dirè aus de casa ?

Que’us diseratz, la Margoton,
Que l’aiga s’es troblada, ailàs !
Que l’aiga s’es troblada.

Traduction en Français

La fille à marier

Quand j’étais fille à marier
Mon Dieu que j’étais gentille, hélas !
Mon Dieu que j’étais gentille.

Je faisais des bouquets pour mes amoureux
De giroflées blanches, hélas !
De giroflées blanches.

Je les attachais à leurs bonnets
Au beau milieu de la danse.

Sa mère était à la fenêtre
A regarder la danse.

Venez ici la Margoton
Car il faut aller chercher de l’eau.

L’eau n’est pas trop loin
Elle sera vite revenue.

Alors qu’ elle descendait à la fontaine
Son ami l’y attendait.

Lui l’a prise en l’embrassant
Sur l’herbe il l’a posée.

Adieu, hélas ! Mon doux ami !
Que dirai-je aux gens de ma maison ?

Vous leur direz, la Margoton,
Que l’eau s’est troublée, hélas !
Que l’eau s’est troublée.

 

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Téléchargements

Le paquet à télécharger contient :

  • Les Paroles avec les grilles d’accords au format .pdf
  • La partition pour guitare au format .pdf
  • La version audio au format .mid

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Contrat Creative Commons
La Filha a Marider by Henri Séqueira est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 Unported.
Basé(e) sur une oeuvre à www.lejardindekiran.com.

Remerciements

Nous souhaitons adresser nos remerciements à Rosina et Martina de Pèira pour nous avoir apporté des éléments de compréhension sur cette chanson traditionnelle, pour la traduction du texte original et pour leur création de la « La Filha a Marider » qui reste incroyablement vivace, et bien au-delà des frontières de l’Occitanie. Un grand Merci également à Maurice Andrieu pour sa traduction de La Filha a Marider. Merci enfin à Nicole Manzato pour son soutien inconditionnel.

 

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Pour aller plus loin…

  1. Je n’avais pas vraiment regardé ces billets. Mais je dois dire que cette thématique est superbe. Cette transmission musicale du patrimoine est une très belle approche sensitive de notre culture… il ne me manque plus que l’oreille…

    1. Bonjour Vanessa,

      Cette thématique, c’est le bain quotidien de la joie de chanter et de découvrir le monde par la parole chantée ou tout est contenu! Et puis tout aussi fascinant que la détonation pour l’homme primitif, il y a le son harmonieux de l’instrument de musique. L’enfant et nouveau à cela.

      Merci pour nous avoir prété ton oreille!

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